Incarner l’excellence plutôt que chercher à la démontrer

Incarner l’excellence ne consiste pas à montrer aux autres que vous êtes excellent. Cela consiste à vivre d’une manière suffisamment cohérente pour ne plus avoir besoin de le démontrer.

La différence est importante.

Lorsque nous cherchons à démontrer notre valeur, nous regardons beaucoup vers l’extérieur.

Est-ce que les autres voient mes compétences ?

Est-ce qu’ils reconnaissent mes efforts ?

Est-ce qu’ils comprennent ce que je vaux ?

Est-ce que je donne une image suffisamment forte ?

Lorsque nous cherchons à incarner l’excellence, la question change :

« Est-ce que ma manière de vivre correspond réellement à ce que je prétends important ? »

Il ne s’agit plus d’impressionner.

Il s’agit de devenir.

Pourquoi cherchons-nous parfois à démontrer notre valeur ?

Parce que nous avons besoin d’être reconnus.

C’est humain.

Nous voulons que notre travail soit vu.

Que nos efforts soient appréciés.

Que nos compétences soient reconnues.

Le problème apparaît lorsque cette reconnaissance devient nécessaire pour que nous nous sentions légitimes.

Nous commençons alors à agir en fonction du regard extérieur.

Nous parlons davantage de ce que nous faisons.

Nous cherchons des preuves visibles.

Nous voulons être compris.

Nous voulons montrer que nous savons.

Et parfois, nous dépensons beaucoup d’énergie à défendre une image.

Alors qu’une autre voie existe :

laisser notre manière d’agir parler progressivement pour nous.

Démontrer l’excellence et incarner l’excellence ne produisent pas la même posture

Chercher à démontrer demande souvent de convaincre.

Incarner demande surtout de devenir cohérent.

Une personne qui cherche à démontrer peut dire :

« Regardez ce que je sais faire. »

Une personne qui incarne laisse davantage apparaître :

« Voilà comment je me conduis. »

Ce n’est pas de l’effacement.

Il faut savoir parler de son travail.

Présenter ses compétences.

Défendre ses idées.

Montrer ce que l’on crée.

Mais il existe une différence entre rendre visible ce que l’on fait et avoir besoin de prouver constamment ce que l’on vaut.

La première attitude est naturelle.

La seconde peut devenir épuisante.

Ce que vous incarnez finit par être visible.

Une personne fiable n’a pas besoin de répéter continuellement qu’elle est fiable.

Elle tient ses engagements.

Une personne disciplinée n’a pas besoin d’expliquer chaque jour qu’elle possède de la discipline.

Elle fait ce qu’elle a décidé de faire.

Une personne respectueuse n’a pas besoin d’afficher cette valeur partout.

On le remarque dans sa manière de parler aux autres.

Une personne qui possède une certaine autorité intérieure n’a pas toujours besoin de parler plus fort.

Sa manière de se tenir, de décider et d’assumer suffit souvent.

C’est là que l’excellence devient intéressante.

Elle cesse d’être quelque chose que vous affirmez.

Elle commence à devenir quelque chose que les autres peuvent observer dans vos comportements.

L’incarnation commence lorsque l’intérieur et l’extérieur se rejoignent.

Nous avons parlé récemment de cette idée essentielle : l’Excellence Personnelle se construit lorsque ce que nous portons intérieurement commence à rejoindre la manière dont nous vivons extérieurement.

Vous dites que la liberté compte.

Mais savez-vous dire non ?

Vous dites que votre famille est importante.

Mais lui accordez-vous réellement du temps et de l’attention ?

Vous dites que vous voulez écrire.

Mais écrivez-vous ?

Vous dites vouloir davantage de respect pour vous-même.

Mais continuez-vous à accepter des situations qui vous diminuent ?

Vous dites que la qualité compte.

Mais que faites-vous lorsque personne ne vérifie votre travail ?

L’incarnation commence là.

Lorsque les mots deviennent des comportements.

Lorsque les intentions deviennent des décisions.

Lorsque les valeurs deviennent visibles.

Une identité ne se construit pas seulement avec ce que l’on pense de soi.

Nous pouvons nous répéter :

« Je suis discipliné. »

« Je suis sûr de moi. »

« Je suis quelqu’un d’exigeant. »

Mais notre identité se nourrit aussi de preuves.

De ce que nous faisons réellement.

Si vous souhaitez devenir quelqu’un qui tient ses engagements, chaque engagement tenu devient une preuve.

Si vous souhaitez devenir quelqu’un de plus affirmé, chaque fois que vous exprimez clairement votre position devient une preuve.

Si vous souhaitez devenir plus décidé, chaque choix assumé devient une preuve.

C’est une logique que l’on retrouve également dans l’article Changer d’identité intérieure pour réussir : les transformations durables touchent progressivement la manière dont nous nous percevons et nous conduisons.

Chercher à impressionner peut nous éloigner de notre propre standard.

Il existe un paradoxe.

Lorsque nous voulons trop impressionner, nous pouvons finir par choisir ce qui sera vu plutôt que ce qui compte réellement.

Faire ce qui donne une bonne image.

Plutôt que ce qui construit réellement.

Parler du projet plutôt que travailler sur le projet.

Montrer le résultat plutôt que consolider le processus.

Multiplier les signes extérieurs plutôt que renforcer l’intérieur.

L’excellence peut alors devenir une représentation.

Une scène.

Une image à maintenir.

Je préfère une autre approche.

Construire d’abord. Montrer ensuite lorsqu’il y a quelque chose d’utile à montrer.

L’excellence tranquille n’a pas besoin d’être silencieuse.

Il ne faut pas confondre humilité et invisibilité.

Incarner l’excellence ne signifie pas se cacher.

Vous pouvez parler de vos réussites.

Présenter vos compétences.

Vendre votre travail.

Défendre votre vision.

Partager ce que vous avez appris.

Tout cela peut être parfaitement légitime.

La question est plutôt :

pourquoi le faites-vous ?

Pour apporter quelque chose ?

Ou uniquement pour obtenir une confirmation de votre valeur ?

C’est ici que l’intention devient importante.

Une personne qui n’a plus besoin de prouver sa valeur peut être très visible.

Mais elle n’est plus entièrement dépendante de cette visibilité.

L’autorité personnelle apparaît souvent lorsque l’on cesse de forcer.

Nous avons tous rencontré des personnes qui imposent leur présence.

Elles parlent fort.

Interrompent.

Cherchent à avoir le dernier mot.

Veulent montrer qu’elles savent.

Et puis il existe d’autres personnes.

Elles parlent moins.

Mais lorsqu’elles parlent, on écoute.

Elles n’ont pas besoin d’occuper tout l’espace.

Elles semblent à leur place.

Il y a chez elles une forme de calme.

Cette présence ne vient pas nécessairement d’un tempérament particulier.

Elle peut venir d’une chose beaucoup plus profonde :

elles n’essaient plus constamment de convaincre les autres qu’elles ont le droit d’être là.

Cette capacité fait partie de ce que j’appelle le Leadership Intérieur : apprendre à se conduire soi-même, à assumer ses choix et à ne plus dépendre entièrement de la validation extérieure.

Ce que vous faites quand personne ne regarde reste essentiel.

Imaginez deux situations.

Dans la première, quelqu’un vous observe.

Dans la seconde, personne ne saura ce que vous avez fait.

Votre niveau change-t-il ?

Préparez-vous aussi sérieusement ?

Tenez-vous le même engagement ?

Respectez-vous les mêmes principes ?

C’est une question intéressante.

Parce que l’incarnation apparaît précisément lorsque notre niveau ne dépend plus uniquement du regard extérieur.

Nous faisons certaines choses parce qu’elles correspondent à la personne que nous avons choisi de devenir.

Pas seulement parce qu’elles seront récompensées.

Incarner demande moins de discours et davantage de preuves.

Nous pouvons passer beaucoup de temps à expliquer ce que nous voulons devenir.

Il arrive un moment où il faut commencer à le vivre.

Vous voulez être plus affirmé ?

Exprimez une opinion.

Vous voulez être plus fiable ?

Tenez une promesse.

Vous voulez être plus courageux ?

Faites une chose malgré la peur.

Vous voulez devenir plus discipliné ?

Faites aujourd’hui ce que vous aviez prévu.

Vous voulez être davantage en accord avec vos valeurs ?

Prenez une décision qui le montre.

Une action ne transforme pas immédiatement une identité.

Mais elle crée une preuve.

Puis une autre.

Et progressivement, vous avez de moins en moins besoin de vous convaincre.

Comment passer de la démonstration à l’incarnation ?

Choisissez une qualité que vous aimeriez davantage incarner.

La confiance.

Le calme.

La discipline.

Le courage.

La fiabilité.

L’affirmation.

Puis posez-vous trois questions.

1. Comment est-ce que j’essaie aujourd’hui de montrer cette qualité ?

Regardez honnêtement.

Est-ce que vous en parlez beaucoup ?

Cherchez-vous régulièrement une validation ?

Essayez-vous de contrôler l’image que les autres ont de vous ?

2. Quel comportement rendrait cette qualité réellement visible ?

Si vous voulez être fiable :

tenez un engagement.

Si vous voulez être affirmé :

exprimez clairement une position.

Si vous voulez être calme :

répondez différemment à une situation tendue.

Si vous voulez être discipliné :

faites ce que vous aviez prévu.

3. Quelle preuve pouvez-vous créer aujourd’hui ?

Une seule.

Pas besoin de déclaration.

Pas besoin de publication.

Pas besoin que quelqu’un la remarque.

Faites-la.

Vous n’avez pas à prouver constamment votre valeur.

Peut-être avez-vous passé une partie de votre vie à essayer de prouver quelque chose.

Que vous étiez capable.

Que vous méritiez votre place.

Que vous pouviez réussir.

Que vous étiez à la hauteur.

Ces efforts ont peut-être même été utiles.

Ils vous ont poussé à progresser.

Mais il arrive un moment où une autre question devient possible :

« Et si je cessais de vouloir constamment prouver qui je suis pour commencer simplement à l’incarner ? »

Vous n’avez pas besoin d’annoncer chaque changement.

Vous pouvez le construire.

Vous n’avez pas besoin de convaincre chaque personne.

Vous pouvez avancer.

Vous n’avez pas besoin que tout le monde valide vos standards.

Ils peuvent devenir les vôtres.

C’est également ce que j’évoque dans Le vrai problème n’est pas la confiance : attendre le bon sentiment intérieur avant d’agir peut parfois nous maintenir immobiles.

Incarner l’excellence, c’est devenir cohérent sans avoir besoin de le proclamer.

Au fond, l’incarnation est peut-être assez simple à définir.

Ce que vous pensez.
Ce que vous dites.
Ce que vous choisissez.
Ce que vous faites.

Ces quatre éléments commencent progressivement à aller dans la même direction.

Pas parfaitement.

Pas en permanence.

Mais de plus en plus souvent.

Vous n’avez alors plus autant besoin de démontrer votre excellence.

Elle apparaît.

Dans votre manière de travailler.

Dans votre parole.

Dans vos décisions.

Dans vos limites.

Dans votre présence.

Dans la manière dont vous vous relevez.

Et peut-être que l’une des formes les plus profondes de l’Excellence Personnelle consiste justement en cela :

ne plus chercher à paraître excellent, mais devenir chaque jour un peu plus cohérent avec la personne que l’on a choisi d’être.

Pour aller plus loin.

Cette question de l’incarnation constitue le dernier mouvement de mon livre Choisir l’Excellence.

À travers 18 chapitres et cinq mouvements — Ouvrir les yeux, Choisir, Se construire, Faire face, Incarner —, le livre propose un chemin pour passer progressivement de la prise de conscience à une manière différente de se tenir et de conduire sa vie.

Choisir l’Excellence : choisir consciemment la manière dont vous voulez vous construire, vous tenir et conduire votre vie.

→ Découvrir le livre Choisir l’Excellence

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