L’Excellence Personnelle commence souvent le jour où vous décidez que certains comportements ne peuvent plus continuer à définir votre manière de vivre.
Pas parce que vous vous rejetez.
Pas parce que vous voulez devenir parfait.
Mais parce que vous voyez clairement qu’une habitude, une attitude ou une manière d’agir vous maintient en dessous du niveau que vous voulez désormais choisir.
Vous avez peut-être longtemps toléré certaines choses.
Reporter.
Vous taire.
Abandonner trop vite.
Dire oui alors que vous vouliez dire non.
Commencer sans terminer.
Vous promettre quelque chose puis revenir dessus.
Vous parler d’une manière que vous n’accepteriez jamais de la part d’un autre.
Et un jour, quelque chose change.
Vous ne dites plus seulement :
« J’aimerais faire mieux. »
Vous dites : « Cela, je ne veux plus continuer à l’accepter de moi-même. »
C’est souvent là qu’un nouveau standard commence.
Refuser quelque chose de soi ne signifie pas se rejeter
C’est une distinction essentielle.
Nous pouvons refuser un comportement sans nous rejeter nous-mêmes.
Vous pouvez dire :
« Je ne veux plus remettre systématiquement mes décisions à plus tard. »
sans dire : « Je suis incapable de décider. »
Vous pouvez dire : « Je ne veux plus accepter de me taire lorsque quelque chose compte vraiment. »
sans conclure : « Je suis faible. »
Vous pouvez vouloir changer une habitude sans transformer cette habitude en jugement sur votre valeur.
L’Excellence Personnelle n’est pas une guerre contre soi.
Elle demande plutôt un regard lucide :
« Qu’est-ce que je continue à faire alors que je sais que cela ne me correspond plus ? »
Ce que vous acceptez finit par devenir normal.
Nous nous habituons à beaucoup de choses.
À repousser.
À nous contenter de moins.
À ne pas respecter certains engagements envers nous-mêmes.
À rester dans une situation que nous savons insatisfaisante.
À tolérer une manière de fonctionner qui nous fatigue.
Au début, cela nous dérange.
Puis nous nous adaptons.
Puis cela devient presque normal.
C’est là que le problème commence.
Parce que ce que nous tolérons longtemps finit souvent par devenir notre standard réel.
Pas le standard que nous affichons.
Celui que nos comportements révèlent.
Les standards réels se voient dans les faits.
Vous pouvez dire que votre santé est importante.
Mais que faites-vous concrètement pour elle ?
Vous pouvez dire que votre temps compte.
Mais protégez-vous réellement certaines plages ?
Vous pouvez dire que vous voulez prendre davantage votre place.
Mais continuez-vous à vous effacer dès qu’un désaccord apparaît ?
Vous pouvez dire vouloir écrire.
Mais écrivez-vous ?
Vous pouvez dire que votre parole a de la valeur.
Mais respectez-vous les engagements que vous prenez envers vous-même ?
C’est ici que l’excellence devient très concrète.
Elle ne regarde pas seulement ce que nous voulons.
Elle regarde ce que nous continuons à accepter.
Le changement commence parfois par une limite intérieure.
Nous parlons souvent de poser des limites aux autres.
Mais il existe aussi des limites à poser à soi-même.
Pas des interdictions rigides.
Des repères.
Par exemple :
« Je ne repousse plus automatiquement ce qui me fait peur. »
« Je ne dis plus oui sans prendre quelques secondes pour réfléchir. »
« Je ne commence plus cinq projets avant d’avoir terminé celui qui compte vraiment. »
« Je ne laisse plus une mauvaise journée devenir une mauvaise semaine. »
Ces phrases ne garantissent rien.
Mais elles marquent un changement important :
vous cessez de laisser certains comportements passer sans examen.
Il ne suffit pas de vouloir davantage.
Nous pouvons vouloir davantage de notre vie tout en continuant à protéger les comportements qui nous maintiennent au même endroit.
C’est fréquent.
Nous voulons davantage de confiance.
Mais nous évitons toutes les situations qui pourraient la construire.
Nous voulons davantage de liberté.
Mais nous acceptons chaque demande.
Nous voulons davantage de clarté.
Mais nous refusons de prendre certaines décisions.
Nous voulons progresser.
Mais nous continuons à négocier avec les engagements que nous avons nous-mêmes choisis.
C’est là que l’écart apparaît entre aspiration et construction.
Et cet écart peut durer longtemps si rien ne devient non négociable.
Refuser l’ancien niveau crée de la place pour un nouveau.
Vous ne pouvez pas toujours ajouter quelque chose sans retirer autre chose.
Pour devenir plus concentré, il faut peut-être accepter moins de dispersion.
Pour devenir plus affirmé, il faut peut-être accepter moins d’effacement.
Pour être plus discipliné, il faut peut-être cesser de laisser l’humeur décider.
Pour mieux protéger votre temps, il faut peut-être dire davantage non.
Pour vivre plus consciemment, il faut peut-être renoncer au pilote automatique.
C’est pourquoi le changement ne consiste pas seulement à adopter de nouvelles habitudes.
Il consiste parfois à cesser d’alimenter les anciennes.
L’excellence n’exige pas que vous changiez tout d’un coup.
C’est important.
Si vous lisez cet article et commencez à dresser une liste de vingt choses que vous refusez désormais, vous risquez de créer une nouvelle forme de pression.
Ce n’est pas nécessaire.
Choisissez une seule chose.
Une seule.
Le comportement qui vous coûte le plus aujourd’hui.
Celui que vous reconnaissez immédiatement.
Celui à propos duquel vous pensez :
« Oui. Celui-là, il faut vraiment que cela change. »
Commencez là.
Votre ancien comportement a probablement eu une fonction.
Avant de chercher à supprimer une habitude, il est utile de comprendre pourquoi elle existe.
Vous dites oui pour éviter le conflit.
Vous repoussez pour éviter l’inconfort.
Vous vous taisez pour protéger votre image.
Vous contrôlez tout pour réduire l’incertitude.
Vous vous dispersez pour ne pas affronter une priorité plus difficile.
Ces comportements ne sont pas apparus au hasard.
Ils vous ont probablement protégé à un moment.
Mais une stratégie qui vous protégeait autrefois peut finir par vous limiter aujourd’hui.
La question devient alors :
« Est-ce que ce comportement me sert encore ? »
Il faut parfois accepter l’inconfort du nouveau standard
Changer un standard crée un frottement.
Si vous avez toujours dit oui, dire non sera inconfortable.
Si vous avez toujours attendu d’être certain, décider plus tôt sera inconfortable.
Si vous avez toujours repoussé, commencer immédiatement sera inconfortable.
Si vous avez toujours évité le désaccord, exprimer votre position sera inconfortable.
Il ne faut pas forcément prendre cet inconfort comme un mauvais signal.
Il peut simplement indiquer que vous sortez d’une manière de fonctionner devenue très familière.
C’est précisément ce que j’évoque dans Comment apprendre à dire non sans culpabilité : poser une limite juste peut provoquer un inconfort sans que cette limite soit mauvaise pour autant.
Une décision intérieure doit devenir visible.
Dire : « Je n’accepte plus cela de moi-même »
est un début.
Mais cela ne suffit pas.
Il faut définir ce que vous allez faire à la place.
Vous refusez de dire oui automatiquement ?
Nouveau comportement : « Je prends le temps de répondre. »
Vous refusez de repousser une décision pendant des semaines ?
Nouveau comportement : « Je fixe une date à laquelle je tranche. »
Vous refusez d’abandonner un projet après quelques jours ?
Nouveau comportement : « Je tiens mon minimum avant de réévaluer. »
Le refus crée une frontière.
Le nouveau comportement construit la suite.
Ce que vous refusez peut révéler ce que vous voulez devenir
Il existe une question intéressante :
« Si je refuse désormais ce comportement, qu’est-ce que cela dit de la personne que je veux devenir ? »
Si vous refusez de vous effacer :
vous voulez peut-être devenir plus affirmé.
Si vous refusez de vivre dans la dispersion :
vous voulez devenir plus concentré.
Si vous refusez de remettre chaque décision à plus tard :
vous voulez devenir plus responsable de votre direction.
Si vous refusez de bâcler :
vous voulez peut-être devenir plus exigeant avec la qualité.
Le refus n’est donc pas uniquement négatif.
Il indique une direction.
Il existe un moment où certaines excuses ne fonctionnent plus.
Nous savons très bien nous expliquer nos comportements.
« Je suis comme ça. »
« Je manque de temps. »
« Je fonctionne mieux sous pression. »
« Je n’aime pas les conflits. »
« J’ai toujours été indécis. »
Certaines explications sont vraies.
Mais une explication n’est pas toujours une condamnation.
Comprendre pourquoi vous agissez ainsi peut être utile.
Mais comprendre ne doit pas automatiquement devenir une permission de rester identique.
Il arrive un moment où la question devient :
« Très bien. Je comprends pourquoi. Maintenant, qu’est-ce que je veux construire ? »
Choisir l’Excellence, c’est aussi décider de ce qui ne vous correspond plus
Nous parlons souvent du choix comme d’une direction positive.
Choisir un objectif.
Choisir un projet.
Choisir une ambition.
Mais choisir implique aussi de fermer certaines portes.
Dire :
« Ça, ce n’est plus la manière dont je veux fonctionner. »
C’est au cœur de Choisir l’Excellence : ne plus laisser uniquement les habitudes, les peurs ou les renoncements déterminer notre manière de vivre.
Comment identifier ce que vous ne voulez plus accepter ?
Prenez une situation qui revient régulièrement.
Puis posez-vous quatre questions.
1. Quel comportement me déçoit régulièrement chez moi ?
Pas une erreur ponctuelle.
Quelque chose qui revient.
2. Qu’est-ce que ce comportement me coûte ?
Du temps ?
De l’énergie ?
De la confiance ?
Des occasions ?
Du respect envers moi-même ?
3. Pourquoi est-ce que je continue à l’accepter ?
Peur ?
Habitude ?
Facilité ?
Confort ?
Évitement ?
4. Quel comportement veux-je choisir à la place ?
Soyez précis.
Pas : « Je veux être meilleur. »
Mais : « La prochaine fois, je ferai ceci. »
C’est là que commence la construction.
Le nouveau standard doit être réaliste.
Il y a un piège.
Passer d’un comportement insatisfaisant à une exigence impossible.
Vous repoussez souvent ?
Ne décidez pas :
« À partir de maintenant, je ne procrastinerai plus jamais. »
Vous avez du mal à vous affirmer ?
Ne décidez pas :
« Désormais, je dirai toujours exactement ce que je pense. »
Ce n’est pas un standard.
C’est une promesse fragile.
Préférez quelque chose de concret.
« Lorsque j’ai quelque chose d’important à dire, je m’engage à l’exprimer au moins une fois. »
Ou : « Lorsque je veux dire non, je m’accorde quelques minutes avant de répondre. »
Votre nouveau standard doit pouvoir être vécu.
Le respect de soi se construit aussi par ce que l’on cesse de tolérer.
Nous parlons souvent du respect de soi comme d’un sentiment.
Mais il se construit également dans les actes.
Lorsque vous posez une limite juste.
Lorsque vous tenez une promesse importante.
Lorsque vous refusez de reproduire un comportement que vous savez destructeur.
Lorsque vous faites ce que vous aviez décidé malgré l’inconfort.
Chaque fois, vous envoyez un message à vous-même :
« Ce que je décide compte. »
C’est une preuve.
Et les preuves s’accumulent.
Vous n’avez pas besoin de vous rejeter pour vous demander davantage.
C’est probablement l’idée que je voudrais laisser.
Il est possible de s’accepter sans tout accepter de soi.
De reconnaître son parcours sans considérer chaque comportement comme immuable.
De respecter la personne que l’on est tout en décidant de devenir plus solide, plus claire ou plus cohérente.
Ce n’est pas contradictoire.
Au contraire.
Peut-être qu’une véritable forme de respect envers soi consiste parfois à se dire :
« Je sais que je peux désormais me demander davantage ici. »
Pas partout.
Pas tout le temps.
Mais ici.
Ce que vous ne voulez plus accepter marque parfois un nouveau départ.
Un changement important ne commence pas toujours par : « Voilà ce que je veux atteindre. »
Il peut commencer par : « Voilà ce que je ne veux plus continuer à considérer comme normal. »
Une manière de vous taire.
Une habitude de reporter.
Une façon de vous diminuer.
Un manque de soin.
Un engagement que vous ne respectez jamais.
Puis vient la vraie question : « Qu’est-ce que je choisis à la place ? »
C’est là que l’excellence commence réellement.
Pas dans le rejet.
Dans le choix.
L’Excellence Personnelle commence parfois lorsque vous cessez d’accepter de vous-même ce qui n’est plus compatible avec la personne que vous avez décidé de devenir.
Pour aller plus loin
Cette transition entre ce que l’on a fini par accepter et ce que l’on décide désormais de choisir traverse mon livre Choisir l’Excellence.
À travers 18 chapitres organisés en cinq mouvements — Ouvrir les yeux, Choisir, Se construire, Faire face, Incarner —, j’y propose de regarder lucidement ce qui nous retient, puis de reprendre progressivement une part active dans notre propre construction.
Choisir l’Excellence : choisir consciemment la manière dont vous voulez vous construire, vous tenir et conduire votre vie.




