Vos standards racontent la vie que vous êtes prêt à accepter

Vos standards déterminent en grande partie ce que vous finissez par considérer comme normal.

Pas seulement ce que vous espérez.

Pas seulement ce que vous dites vouloir.

Mais ce que vous acceptez réellement dans votre quotidien.

La manière dont on vous parle.

Le niveau d’effort que vous fournissez.

La qualité de ce que vous produisez.

Les promesses que vous tenez.

La manière dont vous utilisez votre temps.

Les situations dans lesquelles vous restez.

Les comportements que vous répétez.

Tout cela révèle quelque chose.

Vos standards racontent la vie que vous êtes prêt à accepter.

Un standard n’est pas simplement une ambition.

Nous parlons souvent de ce que nous voulons atteindre.

Un objectif.

Un projet.

Une évolution.

Mais un standard fonctionne autrement.

Un objectif vous dit : « Voilà où je veux aller. »

Un standard vous dit : « Voilà ce que je considère comme acceptable en chemin. »

Vous pouvez avoir un objectif élevé avec des standards faibles.

Vouloir écrire un livre, mais ne jamais écrire.

Vouloir davantage de respect, mais accepter continuellement qu’on vous traite mal.

Vouloir être en meilleure forme, mais ne rien changer à vos habitudes.

Vouloir davantage de sérénité, mais remplir chaque espace disponible.

Le problème n’est pas toujours le manque d’ambition.

Il est parfois dans le niveau que nous continuons à accepter.

Ce que vous tolérez finit par définir votre quotidien.

Nous nous habituons à beaucoup de choses.

  • À être interrompu.
  • À remettre au lendemain.
  • À bâcler.
  • À ne pas tenir certaines promesses.
  • À accepter un environnement qui nous épuise.
  • À nous parler intérieurement d’une manière dure.
  • À consacrer notre énergie à des choses qui ne comptent pas vraiment.

Au début, cela nous dérange.

Puis nous nous adaptons.

Puis cela devient normal.

Et ce qui devient normal finit souvent par devenir notre standard.

C’est pour cela que certaines vies ne basculent pas à cause d’une grande mauvaise décision.

Elles se rétrécissent parfois à travers une succession de petites choses tolérées.

Vos standards racontent la vie que vous êtes prêt à accepter.

Vos standards réels apparaissent dans les faits.

Il existe souvent un écart entre le standard que nous déclarons et celui que nous vivons.

Vous dites :

« La qualité est importante pour moi. »

Mais est-ce visible dans votre travail ?

Vous dites : « Mon temps compte. »

Mais protégez-vous réellement votre temps ?

Vous dites : « Je veux qu’on me respecte. »

Mais que faites-vous lorsque quelqu’un dépasse une limite ?

Vous dites : « J’ai envie d’évoluer. »

Mais quels comportements avez-vous réellement changés ?

Le standard réel n’est pas celui que nous annonçons.

C’est celui que nos choix confirment.

Nos standards non pas toujours le même niveau.

Nos standards peuvent être élevés dans un domaine et faibles dans un autre.

Nous ne sommes pas uniformes.

Une personne peut avoir des standards professionnels très élevés et accepter beaucoup trop dans ses relations.

Une autre peut prendre soin de sa santé mais se montrer extrêmement laxiste avec son temps.

Une autre encore peut être fiable pour les autres tout en ne respectant jamais ses propres engagements.

Il ne s’agit donc pas de devenir exigeant partout.

Il s’agit de voir lucidement où nos standards nous servent et où ils nous maintiennent dans une vie qui ne nous convient plus.

Le standard le plus bas finit souvent par gouverner.

Imaginez quelqu’un qui dit vouloir écrire chaque semaine.

Son ambition est claire.

Mais son standard réel est : « J’écris seulement quand j’en ai envie. »

Ce standard-là gagne presque toujours.

Ou quelqu’un qui dit vouloir être davantage respecté.

Mais son standard réel est : « Je laisse passer pour éviter les tensions. »

Là encore, c’est ce standard qui gouverne.

Nos intentions peuvent être ambitieuses.

Mais nos standards quotidiens sont souvent plus puissants.

Élever ses standards ne signifie pas devenir plus dur avec soi.

Il faut être précis.

Élever ses standards ne signifie pas se juger davantage.

Ni exiger la perfection.

Ni transformer chaque détail en épreuve.

L’idée n’est pas : « Je dois toujours faire plus. »

Mais plutôt : « Je ne veux plus accepter certaines choses comme si elles étaient inévitables. »

C’est une différence importante.

Un standard utile vous structure.

Un standard impossible vous écrase.

Il existe des standards extérieurs et des standards intérieurs.

Les standards extérieurs concernent ce que vous acceptez du monde autour de vous.

La manière dont on vous parle.

Le niveau de respect dans une relation.

Le niveau de désordre dans votre environnement.

Le type de travail que vous acceptez.

Le niveau d’engagement que vous demandez aux autres.

Les standards intérieurs concernent votre propre manière de vous conduire.

  • Votre discipline.
  • Votre parole.
  • Votre exigence.
  • Votre honnêteté.
  • Votre constance.
  • Votre façon de réagir.

Les deux comptent.

Parce qu’il est difficile de demander aux autres un niveau que l’on ne se demande jamais à soi-même.

Et tout aussi difficile de vivre sereinement si l’on exige beaucoup de soi tout en acceptant tout de l’extérieur.

Vos standards racontent la vie et ce que vous considérez normal.

C’est peut-être l’un de leurs effets les plus puissants.

Ce que vous répétez devient familier.

Ce qui devient familier finit par paraître normal.

Et ce qui paraît normal est rarement remis en question.

C’est ainsi que nous pouvons rester longtemps dans une situation qui ne nous correspond plus.

Pas parce qu’elle est bonne.

Mais parce qu’elle est devenue habituelle.

La première étape consiste donc souvent à se demander :

« Est-ce que ce que je considère aujourd’hui comme normal est réellement ce que je veux continuer à accepter ? »

Un standard agit comme un seuil.

Un standard crée une limite.

En dessous, quelque chose vous dérange.

Au-dessus, vous considérez que le niveau est acceptable.

Par exemple : « Je peux avoir une mauvaise journée, mais je ne laisse pas une mauvaise journée devenir une mauvaise semaine. »

Ou : « Je peux douter, mais je ne reporte plus indéfiniment les décisions importantes. »

Ou encore : « Je peux être fatigué, mais je garde au moins un minimum de continuité. »

Ces formulations sont intéressantes parce qu’elles ne demandent pas la perfection.

Elles définissent un seuil.

Relever son standard minimal peut changer davantage que viser un sommet.

Nous pensons souvent en termes de maximum.

Être plus productif.

Plus discipliné.

Plus performant.

Mais parfois, le vrai progrès vient d’en bas.

Pas en cherchant à faire exceptionnellement bien.

Mais en refusant de redescendre régulièrement à un niveau qui nous déçoit.

C’est toute la différence entre un pic et un plancher.

Un pic peut être spectaculaire.

Un plancher détermine la régularité.

Et dans une vie, le niveau minimal que nous répétons compte énormément.

Vos standards influencent votre identité.

À force de respecter certains standards, quelque chose change.

Vous ne faites plus seulement un effort ponctuel.

Vous commencez à vous percevoir autrement.

Vous êtes quelqu’un qui tient davantage ses engagements.

Quelqu’un qui protège mieux son temps.

Quelqu’un qui exprime plus clairement ses limites.

Quelqu’un qui produit avec plus de soin.

Quelqu’un qui revient plus vite lorsqu’il dévie.

Le standard commence alors à devenir identitaire.

Ce n’est plus uniquement : « Je dois faire cela. »

Mais : « C’est ainsi que je choisis de me conduire. »

Vos standards influencent aussi ce que les autres apprennent de vous.

Les autres observent ce que vous laissez passer.

Ce que vous acceptez.

Ce que vous corrigez.

Ce que vous dites.

Ce que vous ne dites pas.

Petit à petit, ils apprennent comment interagir avec vous.

Si vous acceptez systématiquement certains comportements, ils peuvent finir par les considérer comme normaux.

Si vous posez des limites claires et cohérentes, l’environnement s’ajuste souvent.

Cela ne signifie pas contrôler les autres.

Cela signifie arrêter de croire que nos standards n’ont aucun effet sur nos relations.

Changer de vie commence parfois par changer ce que l’on accepte.

Nous imaginons souvent qu’un grand changement demande une grande décision.

Parfois oui.

Mais parfois, le vrai basculement est plus discret.

Vous décidez que certaines choses ne sont plus acceptables.

Un niveau de fatigue permanent.

Une dispersion chronique.

Une façon de vous parler.

Une relation déséquilibrée.

Une tendance à toujours repousser.

Puis vous faites évoluer progressivement votre comportement.

C’est ainsi que la trajectoire change.

Choisir l’Excellence, c’est aussi choisir ses standards.

Choisir l’Excellence ne signifie pas viser un idéal abstrait.

Cela signifie décider progressivement :

ce que vous voulez préserver,

ce que vous voulez renforcer,

et ce que vous ne voulez plus accepter comme normal.

C’est au cœur de Choisir l’Excellence : faire de ses choix, de ses comportements et de ses standards une manière consciente de conduire sa vie.

Comment identifier vos standards actuels ?

Choisissez un domaine de votre vie.

Puis posez-vous quatre questions.

1. Qu’est-ce que j’accepte actuellement ?

Regardez les faits.

Pas vos intentions.

2. Qu’est-ce qui me dérange régulièrement ?

Il y a souvent là un indice.

3. Qu’est-ce que je considère pourtant encore comme normal ?

C’est probablement là que se trouve un standard implicite.

4. Quel nouveau niveau minimal voudrais-je choisir ?

Pas un idéal.

Un seuil réaliste.

Quelque chose que vous pouvez commencer à vivre.

Un standard doit être suffisamment clair pour guider une décision.

« Je veux faire mieux » n’est pas un standard.

« Je protège deux créneaux par semaine pour écrire » en est un.

« Je veux plus de respect » n’est pas encore un standard.

« Lorsque quelqu’un dépasse une limite importante, je le dis » en est un.

« Je veux être plus discipliné » reste vague.

« Même les jours difficiles, je tiens vingt minutes » devient concret.

Plus le standard est visible, plus il peut guider votre comportement.

Vos standards ne doivent pas être rigides pour être solides.

Un bon standard laisse de la place à la réalité.

Il peut évoluer.

S’adapter.

Être revu.

Il ne vous enferme pas.

Il vous donne une direction.

La rigidité dit : « Je dois toujours respecter cette règle, quelles que soient les circonstances. »

La solidité dit : « Voilà mon repère. J’y reviens dès que possible. »

C’est très différent.

Le niveau que vous acceptez aujourd’hui prépare souvent la vie de demain.

Il existe peu de décisions totalement isolées.

Chaque comportement répété prépare le suivant.

Chaque tolérance répétée devient plus facile.

Chaque standard maintenu devient plus naturel.

Voilà pourquoi vos standards comptent autant.

Ils ne déterminent pas tout.

Mais ils orientent silencieusement beaucoup de choses.

Votre emploi du temps.

Votre énergie.

Vos relations.

Votre confiance.

La qualité de votre travail.

Votre rapport à vous-même.

Vos standards racontent la vie que vous êtes prêt à accepter.

Regardez votre vie actuelle.

Pas pour la juger.

Pour l’observer.

Une partie de ce que vous y voyez vient des circonstances.

Une autre de vos choix.

Et une autre encore de ce que vous avez fini par tolérer suffisamment longtemps pour ne plus le remarquer.

C’est là que les standards deviennent puissants.

Parce qu’ils vous permettent de reprendre la main sur une question essentielle :

« Qu’est-ce que je veux désormais considérer comme normal dans ma manière de vivre ? »

Vous n’avez pas besoin de tout relever.

  • Un seul standard suffit pour commencer.
  • Un seuil.
  • Une limite.
  • Un engagement.
  • Puis une preuve.
  • Puis une autre.

Vos standards racontent la vie que vous êtes prêt à accepter.

Et lorsque vous les élevez consciemment, même légèrement, vous commencez aussi à raconter une autre histoire sur la vie que vous êtes prêt à construire.

Pour aller plus loin.

La question des standards traverse mon livre Choisir l’Excellence.

À travers 18 chapitres organisés en cinq mouvements — Ouvrir les yeux, Choisir, Se construire, Faire face, Incarner —, j’y explore ce passage entre ce que nous avons fini par accepter et ce que nous décidons désormais de choisir consciemment.

Choisir l’Excellence : choisir consciemment la manière dont vous voulez vous construire, vous tenir et conduire votre vie.

→ Découvrir le livre Choisir l’Excellence

Défiler vers le haut