Pendant longtemps, j’ai cru que choisir la sécurité était une forme de sagesse.
Avec le recul, je comprends que j’ai parfois confondu prudence et renoncement.
Et surtout, j’ai découvert quelque chose que je n’avais jamais vraiment compris auparavant :
Choisir l’Excellence est presque tout l’inverse de ce que l’on m’avait enseigné.
On m’avait appris à ne pas prendre trop de risques.
À ne pas viser trop haut.
À attendre d’être certain.
À protéger ce que j’avais déjà acquis.
À rester à ma place.
À me contenter de ce que j’avais.
Pris séparément, aucun de ces conseils n’est nécessairement mauvais.
La prudence peut éviter bien des erreurs. Savoir apprécier ce que l’on possède est une qualité. Et prendre des risques inconsidérés n’a jamais été une preuve de courage.
Le problème apparaît lorsque ces principes ne nous protègent plus d’un danger réel, mais nous protègent de nos propres ambitions.
Je peux aujourd’hui reconnaître les moments où cela m’est arrivé.
Les moments où ce que j’appelais prudence était en réalité de la peur.
La peur d’échouer.
La peur de ne pas être à la hauteur.
La peur du regard des autres.
La peur de perdre ce que j’avais déjà acquis.
Et peut-être aussi, parfois, la peur de découvrir jusqu’où j’aurais réellement pu aller.
C’est avec le recul que j’ai commencé à comprendre la différence.
La sécurité m’apprenait à préserver ce que j’avais.
L’Excellence me demandait de découvrir ce dont j’étais capable.
Je connais aujourd’hui les deux chemins
Lorsque je regarde mon parcours, je peux reconnaître les moments où j’ai avancé malgré le doute.
Ceux où j’ai accepté de prendre des responsabilités.
Ceux où j’ai appris, progressé, changé de niveau.
Ceux où j’ai osé aller vers quelque chose que je ne pensais pas forcément capable d’atteindre.
Dans ces moments-là, la peur n’avait pas nécessairement disparu.
Mais elle n’avait pas décidé à ma place.
Et puis je vois les autres moments.
Les occasions que je n’ai pas saisies.
Les ambitions que j’ai réduites.
Les décisions que j’ai repoussées.
Les moments où je me suis sous-estimé.
Les fois où j’ai préféré ce que je connaissais déjà à l’incertitude de ce que j’aurais pu construire.
Pendant longtemps, j’ai considéré toutes ces décisions séparément.
Aujourd’hui, je vois le fil qui les relie.
À certains moments, j’ai choisi.
À d’autres, j’ai laissé la peur choisir à ma place.
Et cette distinction a profondément changé ma manière de regarder ma vie.
L’Excellence n’est pas un sommet
Je ne parle pas d’Excellence parce que j’aurais tout réussi.
Ce serait faux.
Je n’ai pas atteint tous les sommets que j’aurais pu atteindre.
J’ai fait des erreurs.
J’ai renoncé.
Je me suis parfois sous-estimé.
J’ai laissé passer des opportunités.
Et j’ai probablement compris certaines choses beaucoup plus tard que je ne l’aurais souhaité.
Mais c’est précisément ce parcours qui me permet aujourd’hui de regarder avec davantage de lucidité ce qui s’est passé lorsque j’ai osé avancer… et ce qui s’est passé lorsque j’ai renoncé.
Et j’ai fini par comprendre quelque chose d’essentiel :
l’Excellence n’est pas un résultat.
Ce n’est pas être le meilleur.
Ce n’est pas gagner à chaque fois.
Ce n’est pas accumuler les réussites.
Ce n’est pas vivre sans peur.
Et ce n’est certainement pas devenir parfait.
On peut agir avec Excellence et échouer.
On peut également obtenir une réussite extérieure tout en sachant, au fond de soi, que l’on n’est pas allé là où l’on aurait réellement voulu aller.
Pour moi, l’Excellence commence ailleurs.
Elle commence par un choix.
Le choix de ne plus laisser systématiquement la peur, la facilité, les circonstances ou le regard des autres décider de la direction de notre vie.
Il faut parfois choisir avec la peur
J’ai longtemps cru qu’il fallait avoir confiance pour agir.
Je pense aujourd’hui que j’avais inversé les choses.
Il faut parfois agir alors que la confiance n’est pas encore là.
Décider alors que toutes les réponses ne sont pas disponibles.
Avancer alors que le doute existe encore.
Prendre sa place sans attendre que quelqu’un nous donne l’autorisation de le faire.
Dire oui à une possibilité sans avoir la garantie qu’elle fonctionnera.
Et parfois dire non à ce que l’on ne veut plus accepter.
L’Excellence n’efface donc pas la peur.
Elle change simplement celui qui prend la décision.
La peur peut être présente.
Le doute peut être présent.
L’incertitude aussi.
Mais ils ne sont plus obligés de tenir le gouvernail.
Et c’est là que commence, pour moi, le Leadership Intérieur™.
Dans cette capacité à reprendre autorité sur ce qui dépend réellement de nous.
Nos choix.
Nos standards.
Nos décisions.
Nos actions.
La manière dont nous répondons à ce qui nous arrive.
J’aurais aimé comprendre cela plus tôt
Je pourrais regarder certains de mes renoncements avec regret.
Je préfère aujourd’hui les regarder avec lucidité.
Parce qu’ils m’ont appris quelque chose que mes réussites, à elles seules, ne m’auraient probablement jamais enseigné.
Le renoncement a un prix.
Pas nécessairement immédiatement.
On peut continuer à travailler.
À vivre.
À assumer ses responsabilités.
À donner extérieurement l’impression que tout va bien.
Mais intérieurement, on sait parfois qu’on a laissé quelque chose derrière soi.
Une ambition.
Une possibilité.
Une décision.
Une part de soi que l’on n’a pas osé exprimer.
Et lorsque cela se répète suffisamment longtemps, on peut finir par construire une vie raisonnable, acceptable, parfois même confortable…
mais qui n’est plus tout à fait celle que l’on aurait choisie.
C’est peut-être l’une des leçons les plus importantes que j’ai tirées de mon parcours :
nous n’avons pas besoin d’avoir parfaitement réussi notre passé pour choisir différemment notre avenir.
On peut choisir à nouveau
Nous pouvons relever nos standards.
Nous pouvons prendre cette décision que nous repoussons depuis trop longtemps.
Nous pouvons arrêter de nous diminuer.
Nous pouvons reprendre notre place.
Nous pouvons recommencer à croire en une possibilité que nous avions abandonnée.
Nous pouvons agir malgré la peur.
Nous pouvons recommencer à avancer.
Pas pour impressionner les autres.
Pas pour leur prouver quoi que ce soit.
Pas pour devenir quelqu’un d’autre.
Mais pour cesser de renoncer à ce que nous savons important pour nous.
C’est cela que signifie aujourd’hui pour moi :
Choisir l’Excellence.
Ce n’est pas atteindre un sommet une fois pour toutes.
Ce n’est pas vivre une vie parfaite.
Ce n’est même pas réussir tout ce que l’on entreprend.
C’est choisir de ne plus laisser systématiquement la peur décider de notre vie à notre place.
C’est choisir ses standards.
Choisir sa direction.
Choisir d’agir.
Choisir de prendre sa place.
Choisir d’avancer même lorsque toutes les garanties ne sont pas là.
Et lorsque nous nous trompons, lorsque nous doutons, lorsque nous renonçons encore parfois ou que nous retombons dans nos anciennes habitudes, il reste toujours une possibilité.
Choisir à nouveau.
